Pourquoi ça compte
Le cerveau humain est particulièrement mauvais pour repérer les changements progressifs chez ce qu'il observe quotidiennement. C'est le même mécanisme qui fait qu'on ne remarque pas la croissance d'un enfant qu'on voit tous les jours, mais qu'un proche absent depuis six mois la voit immédiatement. Un chien qui ralentit progressivement sur plusieurs mois active exactement ce même angle mort.
La culpabilité qui suit la découverte n'est donc pas le signe d'un manque d'attention portée à son chien. C'est presque l'inverse : elle apparaît chez des propriétaires attentifs, précisément parce qu'ils tiennent à leur chien et se sentent responsables de son bien-être.
Ce sur quoi on s’appuie
C'est un moment qui revient souvent dans les messages que nous recevons : un propriétaire remarque, presque par hasard, que son chien hésite devant les escaliers depuis des semaines, ou qu'il ne saute plus sur le canapé depuis un moment sans que personne n'y ait vraiment prêté attention. La première réaction n'est presque jamais l'inquiétude pour le chien. C'est la culpabilité de ne pas avoir vu.
En pratique
Le moment où l'on remarque un changement, aussi tardif soit-il, reste le bon moment pour agir. Un chien ne garde pas la trace du temps qu'il a fallu à son propriétaire pour remarquer une gêne : il répond à ce qui change à partir de maintenant, pas à ce qui aurait pu être fait plus tôt.
Si la culpabilité pousse à l'action (observer plus attentivement, ajuster l'environnement, consulter un vétérinaire), elle est utile. Si elle reste seulement un sentiment qui pèse sans rien changer concrètement, il est plus utile de la remplacer par une observation régulière et sans jugement, du type de celle qu'on utilise pour repérer les premiers signes de gêne articulaire.
